LIGUE FÉMININE LA 23E JOURNÉE - Vainqueur sans coup férir hier,
à Tarbes (68-56)
Bourges garde les commandes
HERVÉ LE FELLIC
Avant même d'entamer les débats, hier après midi, dans la toujours
redoutable salle tarbaise, Céline
Dumerc, Flo Lepron (qui
retrouvaient leur ancien public)
et les Tango connaissaient
leur mission: vaincre,
pour conserver la pole position
par rapport à Villeneuved'Ascq
et Valenciennes, victorieux
la veille.
Pourtant, l'entame de
match ne tournait pas vraiment
en faveur des filles de
Pierre Vincent, même si Vicky
Hall ouvrait le score. Alors
que, de part et d'autre, on
sentait les effets du manque
de compétition dû à un calendrier
aux allures de gruyère,
Tarbes prenait pour la première
fois l'avantage sur un
lancer de Walker (7-6, 6e).
Les deux équipes adoptaient
peu ou prou la même
tactique: montées rapides de
balle, et blocage sous son
propre cercle. Le problème,
c'est qu'à ce jeu, le Bourges
Basket manqua, dans les dix
premières minutes, singulièrement
d'adresse. Deux paniers
en neuf minutes, on a
vu cabas plus fourni. Et
quand on ne se met pas en
situation de s'offrir des secondes
chances, tout devient
alors plus délicat.
Pas étonnant donc que les
Bigourdannes aient fait alors
la course en tête. Les filles de
Pascal Pisan empochaient le
premier quart, et il fallait une
efficace rentrée de Sonja Kireta,
profitant à plein de son
avantage en taille, pour que
le Bourges Basket ne se trouve
pas rejeté plus loin. N'empêche,
sur la pénétration, panier
plus lancer de Laure Savasta,
c'est bien Tarbes qui
dictait sa loi (21-15, 14e).
Un temps mort de Pierre
Vincent plus loin, et les Tango
reprenaient les opérations
par le bon bout. Un trois
points d'Evina Maltsi et deux
superbes inspirations de Cathy
Melain plus tard, et tout
rentrait dans l'ordre pour les
Tango, qui reprenaient les
commandes (25-26, 18e ).
Avec le coup de force d'Isabelle
Yacoubou, ça fit donc
égalité parfaite, au moment
de regagner les vestiaires: 27-27, si ce n'était pas un match
défensif, ça... Rayon adresse,
avec 35 % de réussite pour
Tarbes et 34 % pour Bourges,
on n'atteignait vraiment pas
les sommets. Et avec trois rebonds
offensifs de part et
d'autre...
Un troisième
quart d'école
pour les Tango
Le premier qui retrouverait
sa patte avait, à l'évidence, de
bonnes chances d'empocher
la mise, dans ces conditions.
Bourges le comprit parfaitement,
qui signa un impeccable
début de troisième quart.
Cathy Melain délivra un caviar
pour Emmeline Ndongue,
qui décrocha panier plus
lancer. Puis ce fut le festival
Vicky Hall : l'Américaine
planta un magnifique trois
points, avant de décocher,
dans son style inimitable,
deux shoots extérieurs ; et ça
fit 39-31 à la 24e pour des
Tango multipliant les interceptions
et les bons choix de
tir.
Une première fois, Sonja
Kireta donna aux visiteuses
dix longueurs d'avance (37-47, 29e). La défense berruyère
se faisait de plus en plus intraitable,
obligeant Tarbes à
des choix compliqués. Et accumulant
ainsi les munitions,
pour signer un 10-0
parfaitement orchestré par
Endy Miyem (quatre paniers
de rang). La fin du troisième
quart avait vraiment été à
sens unique et côté berruyer,
la machine semblait de nouveau
baigner dans l'huile,
pour chacun des compartiments
de jeu. Il ne restait
qu'à contenir l'inévitable volonté
des Tarbaises de ne pas
tomber sans tout donner.
De fait, les joueuses de
Pascal Pisan, à leur tour,
cherchèrent à hausser leur
pression défensive, histoire
de gêner au maximum les appétits
berruyers. Dans de telles
conditions, l'essentiel est
de garder sa sérénité, de rien
céder à la volonté adverse de
mettre le feu et de brouiller
les cartes. Et quand on a dans
ses rangs des joueuses d'expérience
style Vicky Hall, ça
aide. Revenue à la 33e pour
suppléer Endy Miyem, lestée
de quatre fautes, l'Américaine
en planta trois de suite
(48-65, 37e). Remarquez, le
culot de la jeunesse, ce n'est
pas mal non plus, comme sur
ce trois points de Carine
Paul. Tarbes ne marqua dans
les vingt dernières minutes
que deux points de plus
qu'en première mi-temps. Et
n'avait rien à espérer dans un
tel scénario.
Les Berruyères, elles,
avaient su imposer leur force,
leur basket. Et restent en tête
du championnat. Il suffira de
récidiver mercredi soir, à Aix,
en match avancé, pour que
l'horizon se dégage encore
plus.
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