LIGUE FÉMININE - Quart de finale aller : Challes-les-Eaux - Bourges Basket
57-63
Une victoire si chèrement payée
HERVÉ LE FELLIC
envoyé spécial
Pourtant,
l’accueil du speaker de la chaude salle de Challes (au propre comme au figuré) n’avait rien d’encourageant... pour les Savoyardes:
"C’est sans doute le dernier match de la saison à domicile..." Pour motiver ses troupes, on ne peut rêver mieux.
Mais les joueuses de Corinne Bénintendi n’en avaient que faire. Quitte à ne plus devoir fouler leur parquet fétiche, autant n’avoir aucun regret. Autant, comme leur avait demandé leur coache, faire la fête, et s’inscrire dans la lignée d’une belle saison, avec la septième place de la saison régulière et une qualification pour la prochaine Euro Coupe.
Alors, face à une équipe berruyère privée d’Endy Miyem, souffrant du pied, les Chalésiennes partirent pied au plancher. Martina Luptkova donna le signal, suivie par Laina Badiane et Evija Azace et cela fit 6-0 en deux minutes. Les championnes de France voulurent tout de suite éteindre l’incendie et passèrent, pour la première fois, en tête, sur un trois points de Vicky Hall (10-11, 6e). Ce fut la bonne période berruyère, Sonja Kireta concluant un 10-0 pour ses couleurs, sur panier plus lancer (10-16, 8e). Bourges, jusque là, parvenait à ses fins: contenir le rythme des locales. Car les intentions de ces dernières étaient claires: ne pas laisser les Tango se mettre dans la filière lente de jeu qui leur sied le mieux. Non, dès que la balle était récupérée, Frniakova et Duvivier filaient à toutes jambes. Et trouvaient en Martina Luptakova l’artilleuse idoine. Claire Seigle, profitant à plein d’un nouveau ballon perdu par les Berruyères, replaça Challes au commandement (26-25, 14e). De quoi enflammer un peu plus encore le public savoyard, galvanisé par la vaillance des siennes. Et poussant un peu plus fort encore quand Laina Badiane puis Evija Azace permirent à Challes de regagner le vestiaire avec une maigre mais précieuse avance.
Entorse de la cheville pour Caps Dumerc !
Autant dire que pour Bourges, rien n’était gagné, bien au contraire. D’autant que Challes revenait sur le parquet avec la même volonté de faire contester physiquement (parfois un peu trop) la supposée supériorité adverse. Et comme les arbitres avaient décidé de ne rien siffler... Laina Badiane, exploitant à merveille un ballon de contre, obligea bien vite Pierre Vincent à un temps mort (42-35, 23e). Bourges tentait de renverser la vapeur, mais chaque erreur se payait au prix fort. Enfin, pas aussi fort que cette action de la 27e minute. Lancée dans un shoot en suspension, Céline Dumerc retomba sur un pied adverse. Et se tordit aussitôt de douleur, cheville gauche en vrac. Une nouvelle entorse pour le Bourges Basket !
Sale coup du sort, qui révolta aussitôt les Berruyères. Cathy Melain rentra son seul panier du match, à trois points. Sonja Kireta, par deux fois, fit le ménage dessous, et remit les siennes en selle, au terme du troisième quart (46-48, 30e).
Challes, donnant tout, reprit le commandement, pour la dernière fois, par Claire Seigle, en toute fin de possession (54-52, 33e). Mais Flo Lepron, d’un trois points, remit aussitôt les pendules à l’heure, et c’est à l’énergie, à la révolte, au moins autant qu’à l’expérience, que le Bourges Basket arracha un si précieux succès. Il fallut qu’Emmeline Ndongue aille au combat (et ce n’était pas hier soir un vain mot), pour arracher panier plus lancer. Qu’Evina Maltsi marque le trois points scellant définitivement la victoire tango.
Une victoire durement acquise, et très chèrement payée, avec la blessure de la capitaine berruyère. Il fallait se sortir du traquenard, et les joueuses de Pierre Vincent l’ont fait. Au terme d’un match qui ne restera pas, loin s’en faut, comme un morceau de basket. Mais quand les hommes en gris laissent tout faire, le spectacle est rarement au rendez-vous. Reste maintenant à conclure, samedi soir, au Prado, lors du quart retour.
LIGUE FÉMININE - Après un quart de finale difficile à Challes-les-Eaux
(victoire 63-57)
Les Tango ne furent pas à la noce
HERVÉ LE FELLIC
envoyé spécial
Six petits points d’avance, une capitaine, Céline Dumerc,
cheville gauche en vrac, en plus d’Endy Miyem qui souffre d’un mal au pied
dont la cause n’avait pas encore été précisément diagnostiquée mercredi. Le
moins qu’on puisse dire, c’est que le quart de finale aller, en Savoie, fut
difficile au possible, pour les Berruyères.
Comme quoi un match ne ressemble jamais à un autre. Lors de la précédente
confrontation au pied des Alpes, en phase régulière, les joueuses de Corinne
Bénintendi avaient été étouffées par un Bourges au sommet de son expression.
Et qui ne lui avait laissé aucune chance. Au match retour, au Prado donc, la
défense tango avait empêché tout rêve chalésien. Mercredi soir, ce fut tout
sauf une promenade de santé, et que Céline Dumerc n’y voit pas là un
quelconque jeu de mots. Il est vrai que Martina Luptakova et les siennes, pour
ce que tout le monde leur annonçait comme le dernier match de la saison à
domicile, n’avaient aucun stress à nourrir. Face au club champion de France,
une élimination ne peut qu’être considérée comme logique. De quoi se lancer
sans arrière-pensée aucune dans le match, seule la peur d’en prendre une bonne
pouvant intervenir.
Ce ne fut donc pas le cas, et tout le mérite en revient aux Savoyardes, qui
jouèrent leur chance à fond, avec leurs armes. Et qui, contrairement aux deux
précédentes confrontations, parvinrent à respecter leur feuille de route. En
l’absence de leur intérieure américaine, Jessica Moore, les Savoyardes
parvinrent à contester en permanence la victoire tango. À cinq minutes de la
fin, elles menaient encore sur un panier en toute fin de possession de Claire
Seigle (54-52 pour Challes). Certes, il y eut ensuite tout le poids de la
force et de l’habitude de gérer ces périodes de tension des Tango, mais
Corinne Bénintendi put aussi regretter "ces deux trois paniers faciles qu’on
rate en dessous..." Alors oui, Challes a fait son match, avec ses armes. À
l’image d’une Martina Luptakova qui put enfin s’exprimer (14 points, 6 sur 11
au tir) devant les dernières lauréates du Tournoi de la Fédération. Challes y
alla avec les atouts qui ont fait sa force cette saison, la pression
constante, la volonté de ne pas céder un pouce de terrain et de ne pas servir
de victime désignée.
Seulement, là où le bât blesse, c’est que ces armes ne furent pas toujours
licitement employées. Sans que la faute incombe aux joueuses de Corinne
Bénintendi, précisons-le tout de suite.
Drôle d’anniversaire pour Emmeline
Non, le coupable tout
désigné, et fustigé (mais alors vraiment) par un Pierre Vincent qu’on n’avait
jamais vu hors de lui à ce point, ce fut l’arbitrage de Bertrand Machabert et
Stéphane Fel. Qui fut, malheureusement, à la triste hauteur de ce qu’on voit
chaque semaine en Ligue féminine. Le dernier Tournoi de la Fédération à Nevers
en fut la navrante démonstration.
Car enfin : dans un match engagé au possible, comment expliquer ces pauvres
quatorze lancers francs tentés (sept de chaque côté) ? Comment croire qu’une
joueuse percutante comme Cathy Melain n’eut jamais l’occasion d’aller sur la
ligne de réparation ? Sauf à dire : on a laissé jouer.
On a vu alors d’incessantes bousculades dans les peintures, clonées en surface
de réparation de foot. Constamment repoussée, Emmeline Ndongue (17 points
quand même) passa une drôle de soirée (bon anniversaire, Emmeline !), tout
comme Sonja Kireta, très précieuse. On vit Cathy Melain cernée, sous son
cercle, par trois adversaires, comme si deux lui tenaient les bras tandis que
la dernière cherchait à lui arracher le ballon. Sous les yeux de l’homme en
gris, muet.
Pas question de tout mettre sur le compte de l’arbitrage, mais force est de
reconnaître que dans de telles conditions, impossible aux deux équipes de
produire du beau basket. Et il y eut cette blessure à la cheville de Céline
Dumerc. Bien sûr, l’arbitrage n’en est pas responsable, pas plus qu’il n’y eut
intention de la part d’une joueuse de Challes, dont le pied traîna
malencontreusement sous celui de Caps, de faire mal. Seulement voilà : à être
trop permissif, on amène aussi l’engagement à être à la limite. Et on ne rend
service à personne : ni aux spectateurs, ni aux actrices, et surtout pas au
basket. Il faudrait bien que sifflets et coaches se réunissent, pour ne
serait-ce que confronter leurs visions.
Respectons le basket féminin, que diable !
|