Bourges Basket : presse, le Berry Républicain
26/04/2007

 
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LIGUE FÉMININE QUARTS DE FINALE - Bourges était trop fort pour Challes (67-40) et passe en demi-finale

La route passe par Villeneuve-d’Ascq

HERVÉ LE FELLIC

La logique a été respectée. Vainqueur de six points à l’aller, le Bourges Basket n’a laissé aucune chance à Challes-les-Eaux, lors du match retour, samedi soir au Prado. Et reste donc candidat à la défense de son titre national ; qui passe désormais par une double confrontation avec Villeneuve-d’Ascq (aller le 5 mai dans le Nord, retour le 9 mai au Prado), au stade des demi-finales.
Oui, la formation chalésienne, étouffée par la défense tango, n’a rien pu faire. On aurait bien aimé que son coache, Corinne Bénintendi, nous en explique le pourquoi. Seulement voilà : après avoir eu, avant le match, une discussion qu’on qualifiera pudiquement d’animée avec Pierre Vincent, son collègue berruyer, elle a omis de se présenter en conférence de presse, à laquelle elle avait été conviée.
Mademoiselle Bénintendi s’est contentée de livrer ses impressions à l’envoyé spécial du Dauphiné libéré, et d’apostropher directement votre serviteur : "On n’est plus copains !" Pour tourner immédiatement des talons. Objet de son courroux ? On suppose qu’il s’agit de nos commentaires à l’issue du match aller. On avait en effet estimé que l’arbitrage avait alors été trop permissif, et que les règles du basket n’avaient pas été toujours respectées. Ce qui n’avait pas contribué à éclaircir les débats, ni à la qualité du spectacle. On avait même écrit que dans ces conditions, Bourges comme Challes n’avaient pas pu produire le bon jeu dont on les sait capables. Mais que peut valoir notre opinion, sinon de béotien, du moins d’amateur tout juste éclairé, en face de l’expérience, de la science de celle qui coache Challes depuis 1998 et qui en tant que joueuse compte deux titres nationaux et 48 sélections en équipe nationale ? Pas grand-chose bien sûr, et on aurait vraiment aimé qu’elle nous aide à comprendre son point de vue, en s’appuyant sur son savoir sans pareil. On a le droit d’avoir des visions différentes, on n’est pas obligé de refuser le dialogue.

Question de fautes...
Alors, on va repartir dans nos pauvres analyses. En avançant que samedi soir, avec deux arbitres, MM. Blanc et Seureau, décidés à ce que les actrices respectent les règles, on tenta de part et d’autre douze lancers dans le premier quart... contre quatorze lors de tout le match aller. On fera remarquer que Laina Badiane se retrouva lestée de deux fautes, dès les deux premières minutes de jeu. Qu’Evija Azace trouva le moyen de récolter sa troisième (13e, pour poussée dans le dos de Sonja Kireta, à une seconde de la fin de possession berruyère) puis quatrième (16e) sanctions très rapidement. Que sur l’ensemble de la saison, l’équipe la plus sanctionnée du championnat, c’est Challes. Alors que Bourges (mais les Tango doivent être protégées...) est celle sur laquelle tombent le moins de coups de sifflet. Pour être juste, on regrettera que samedi soir, la Savoyarde Martina Luptakova, suite à une remise en jeu, se retrouva nez explosé et visage en sang (34e). On ne sait pas ce qui se passa alors dans la peinture tango, mais tout ne dut pas être clair. L’arbitrage resta muet.

Sans aucun suspense
Au final, Challes termina à un peu moins de trente longueurs des Tango. Et ne put jamais contester la supériorité locale. De quoi satisfaire l’entraîneur berruyer, qui ne voulut pas trop en rajouter, rayon polémique précédemment évoquée. Se bornant d’affirmer qu’on peut "essayer d’avoir le basket le plus propre possible, ce qui n’est pas antinomique avec le haut niveau". Les Tango ont rendu une copie solide, convaincante. Sans leur meneuse et capitaine Céline Dumerc, on le sait, ce qui a amené une organisation toute différente (voir ci dessous). "On a pu produire un match juste, de qualité, notamment en défense. On a mieux contrôlé Luptakova (dont le coach berruyer a regretté la sortie sur blessure, ndlr) qu’à l’aller, on ne lui a pas laissé de panier facile. On a su défendre collectivement et forcément, ça change un peu les choses." En étouffant les attaques adverses, en étant très présentes sur les lignes de passe pour s’offrir pas mal d’interceptions, en dominant le rebond et en présentant un honnête pourcentage de réussite au tir (43 %), Bourges, avec une très présente Vicky Hall (13 points et autant de rebonds) ne laissa pas le moindre suspense, question qualification. Ce sera donc contre Villeneuve-d’Ascq et ça promet un sacré double choc. On se souvient qu’en phase régulière, les Berruyères ne s’étaient imposées que sur le fil, à Villeneuve. On sait aussi que la troupe d’Abdou N’Diaye a les moyens de contrecarrer l’ambition berruyère de défendre son titre national. "On peut juste regretter qu’on n’aborde pas ce rendez-vous dans les meilleures conditions", souligna Pierre Vincent, dubitatif quant à la participation de Céline Dumerc. "Sans notre pièce maîtresse, ce serait forcément différent. Pas tant en défense, mais surtout dans la gestion offensive. On ne s’improvise pas meneuse de jeu."
Reste à espérer que Caps se remette au plus vite.

 

ANGLE - Pour la première fois en quatre ans, Bourges a joué sans Caps

Trois pour remplacer la capitaine

Depuis la 27e minute du match aller en Savoie, Pierre Vincent savait la nouvelle équation à résoudre : comment pallier l’absence, pour cause d’entorse à la cheville, de Céline Dumerc ? Une situation inédite, depuis quatre ans, au Bourges Basket.
La première option, ce fut bien sûr Flo Lepron, doublure naturelle de Caps à la mène. L’ancienne Tarbaise, malgré neuf ballons perdus sous la pression adverse, s’en sortit à son avantage. Des shoots pris avec justesse, une belle présence défensive." Flo a assez bien fait son boulot et elle a bien fait tourner l’équipe", apprécia son entraîneur. "Mais ce n’est pas forcément sa spécialité. La mène, c’est difficile, pour les joueuses dont ce n’est pas le poste naturel." Pierre Vincent lança également, en fin de match, la meneuse de NF2, Audrey Salvi. Qui pour le coach "a pu mesurer ce qui la sépare du haut niveau". Logique. On vit aussi, pour conduire le jeu tango, Carine Paul. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle livra une prestation convaincante. "Elle n’a pas perdu de ballon" apprécia Pierre Vincent. "Bon, elle n’a pas forcément mis l’équipe dans le bon sens, hésitant sur les systèmes, mais elle n’avait eu que 45 minutes d’entraînement pour s’adapter..."

"Peur de ne pas franchir la ligne médiane..."
"J’ai su vendredi que j’allais passer à la mène", expliqua l’intéressée, qui signa un beau 4 sur 6 au tir (2 sur 3 à trois points). "Cette saison, j’ai compris que refuser des shoots, ce n’était pas bien. Mieux vaut tenter que de ne rien faire, alors j’essaie." La plus grande crainte de l’ancienne pensionnaire de l’INSEP, ce fut "de perdre des ballons, de ne pas pouvoir franchir la ligne médiane. Lors de ma première saison à l’INSEP, on avait essayé de me faire jouer meneuse. Mais là, ça faisait longtemps que je n’avais pas occupé ce poste !" Carine a alors beaucoup apprécié le soutien de ses coéquipières. "Cathy (Melain, ndlr) et Flo (Lepron) m’ont beaucoup aidée." Promenée, au gré des rotations, à la mène comme à l’aile, elle n’en a pas perdu les pédales. "Au début, j’étais paniquée, j’annonçais n’importe quel système. Mais les autres m’ont dit de ne pas me prendrec la tête. Maintenant, face à Villeneuve, je veux bien mener quelques minutes, mais pas autant que devant Challes, s’il vous plaît !"

HERVÉ LE FELLIC