LIGUE FÉMININE -
Demi-finale aller : courte mais précieuse victoire tango à Villeneuve-d’Ascq
(63-61)
Reste à conclure mercredi au Prado
HERVÉ LE FELLIC
envoyé spécial
I l fut
finalement sans surprise, le déroulement de cette demi-finale aller. On savait les deux équipes diminuées : Villeneuve par l’absence de Géraldine Robert (saison terminée), Bourges par celle de Céline Dumerc (plus qu’incertaine pour le retour de mercredi). On savait aussi que cet affrontement entre la meilleure attaque de la Ligue (Villeneuve, 77 points de moyenne) et la meilleure défense (56 points encaissés par les Tango) avait peu de chances de déboucher sur un score fleuve, et d’accoucher sur un large écart, en faveur de l’un ou l’autre. Il ne parvint jamais à passer la barre des dix unités. On savait toujours que la moindre faute se paiera cash. Même celles des arbitres, qui s’annulèrent : une technique incompréhensible sifflée à Luba Drljaca, un panier étonnamment refusé à Flo Lepron.
La gestion des instants cruciaux
On savait encore que, dans une lutte encore plus tactique que physique, la maîtrise serait une donnée importante. Surtout dans les derniers instants. Il restait plus d’une minute à jouer, Iveta Marcauskaite venait de remettre tout le monde sur la même ligne (60-60), tout en ratant le lancer garnissant son panier. Evina Maltsi sortit alors son trois points, quand l’ancienne intérieure tango rata ses deux lancers suivants, et que Fati Sacko n’en mit qu’un sur deux.
"On pouvait gagner, ça laisse des regrets", lâcha la jeune Villeneuvoise Bintou Dieme.
"On a sans doute manqué d’agressivité. C’est vrai, dans les premières minutes, on a senti la pression de cette demi-finale. Et notre coach a pris rapidement un temps mort, pour nous dire de nous lâcher. Quand on a eu un peu d’avance, on n’a pas su tuer le match. Pourtant, il y avait moyen. Pour le moral, ça aurait été tellement
mieux de gagner..."
Comme lors du match aller de la phase régulière du championnat, Villeneuve a terminé sur les talons de Bourges.
"Oui, c’est vrai, mais on ne désespère pas", affirma l’entraîneur nordiste, Abdou N’Diaye.
"On est capable de battre Bourges. D’ailleurs, on a joué quarante minutes les yeux dans les yeux. À l’arrivée, l’écart est minime, et je ne vais pas parler de l’arbitrage, parce que je vais encore me prendre un rapport. En plus, on a montré sur ce match aller qu’on savait aussi défendre. On savait que ce match ne se jouerait pas à 80 points et qu’il fallait dès lors, face à la meilleure défense du championnat, qu’on hausse le niveau de notre propre défense." Il est quand même un secteur que Villeneuve ne parvint pas à maîtriser : l’intérieur (voir ci-dessous).
"Oui, là, Bourges nous a fait mal", reconnut Abdou. "On n’a pas su arrêter Emmeline. Il faudra qu’au match retour, on soit plus agressif dans ce domaine. Ce sera l’une des clés. En tout cas, on ne lâchera
rien."
Pierre Vincent, le coach tango, le sait pertinemment Il a apprécié le comportement de sa troupe, mais sait qu’elle peut mieux faire encore.
"On a fait quelques erreurs défensives grossières. En attaque, on peut avoir un
meilleur contrôle du jeu." Oui, deux petits points, c’est peanuts. Et la finale, il va falloir aller la chercher, mercredi soir (20 heures au Prado).
L’autre
demi-finale. Mondeville - Valenciennes 56-81 (23-31, 13-15, 4-17, 16-18).
Pour Mondeville : Aubert 3, Futrell 8, Tanqueray 0, Kublina 17, Maiga 18, Pochet 6, Kindoki 2, Jannault 2. Pour Valenciennes : Godin 4, Harrower 9, Gruda 16, Hermouet 12, Grgin-Fonseca 11, Digbeu 2, Gomis 15, Bade 6, Tuvic 6.
Mission accomplie, pour les Berruyères, à Villeneuve. Elles n’ont rien lâché et ont même arraché une courte victoire. Mais rien n’est joué pour le match retour.
Pour Bourges, la solution est venue de l’intérieur
On avait déjà pu le constater, dans le deuxième quart-temps du récent Tournoi de la Fédération : face à Villeneuve, l’une des armes de Bourges, c’est bien la taille et la présence d’Emmeline Ndongue et de Sonja Kireta. Surtout quand elles sont associées à l’intérieur. Onze points (et autant de rebonds) pour la Croate, 22 pour l’internationale française : soit plus de la moitié du scoring berruyer à elles deux ! C’est bien le signe qu’elles ont su se jouer de leurs rivales directes, mais aussi que leurs partenaires ont su les trouver en bonne position.
"On a joué avec beaucoup de volonté", commenta Emmeline. "On forme un groupe très fort, qui passe au-dessus des différentes blessures. On se bat, on ne lâche rien et on en est récompensées. On a su rester calmes et c’est une des forces de l’équipe : essayer de ne pas s’énerver, rester dans le match. Malgré l’absence
de Caps, on a quand même bien tenu la mène, poste clé bien sûr. Et il faut aussi féliciter Flo et Carine pour leurs performances. Cette victoire fait du bien
au moral."
Aussi étroite soit-elle, et Emmeline comme toutes les Tango sait pertinemment que celle de samedi n’autorisera aucune fantaisie, ni le moindre relâchement, lors du retour de mercredi.
"Deux points, ce n’est pas énorme, c’est vrai. Mais on va tout faire pour défendre cet avantage. Là, c’est un peu comme si on était à la mi-temps d’un match. Il reste à se jeter dans la seconde partie avec autant, voire plus,
d’intensité !"
HERVÉ LE FELLIC
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