LIGUE FÉMININE
DEMI-FINALE RETOUR
- Bourges Basket - ESB Villeneuve d’Ascq: 59-57 (aller: 63-61)
Les Tango défendront leur titre face à VO
CHRISTIAN RAGOT
C’ est
cruel pour Abdou et ses joueuses mais il fallait un vainqueur. Et ce fut
Bourges. Comme à chaque fois au Prado cette saison. Il n’empêche! Les joueuses
de Pierre Vincent sont passées près du couperet. À quatre minutes de la fin,
alors qu’elles menaient 52-55, les Nordistes étaient toujours en finale...
Des Nordistes qui ont fait la course en tête pendant presque tout le match,
comptant jusqu’à 15 points d’avance (14-29 à la 12e). Mais au terme d’un
énorme combat, Bourges gagna la bataille tactique imposées par les deux
coaches, grâce notamment au meilleur apport intérieur de Ndongue et Kireta ;
grâce aussi à l’énorme performance d’ensemble de Cathy Melain (meilleure note
évaluation du match à 19, meilleure marqueuse avec 16 points, 6 rebonds, 3
interceptions, 2 contres, 2 passes décisives et 9 fautes provoquées) et ce,
malgré une adresse catastrophique (16 sur 49). Face aux multiples systèmes
défensifs appliqués par Abdou, ce sont toutes les Berruyères, qui, au métier
et poussées par le bouillant public du Prado, se sont arrachées pour se donner
le droit de défendre leur titre de champion de France en trois manches, la
semaine prochaine face à Valenciennes.
Un premier quart cauchemardesque
Un seul être vous
manque.... On connaît la suite!
Certes, au Bourges Basket, les individualités sont d’abord au service du
collectif et il n’est pas dans les habitudes de la maison tango de se
retrancher derrière une absence, quelle qu’elle soit, pour excuser une passe
difficile. Il n’empêche! Il est des absences qui sont forcément plus
préjudiciables que d’autres. Quand on sait quelle peut être l’influence de
Céline Dumerc et de ses jambes de feu (MVP du dernier Tournoi de la Fédération
et élue meilleure meneuse de jeu de la Ligue féminine) au sein de l’équipe
berruyère, force est d’admettre que le handicap est lourd. Et pas seulement
parce que Caps est celle qui imprime le rythme, celle qui va chercher ces
paniers impossibles qui font pencher la balance dans le bons sens. Une absence
dont le rusé N’Diaye allait forcément tenir compte pour mettre sa tactique en
place. Par rapport à la demi-finale aller, le coach nordiste choisit d’aligner
d’entrée ses deux “piles électriques” Bintou Dieme et Kathy Wambe près de Luba
Drjlaca et Tatum Brown alors que Fati Sacko était préférée à Iveta
Marcauskaite. De son côté, Pierre Vincent lançait son cinq classique Lepron-Melain-Maltsi-Hall-Ndongue.
On avait compris qu’Abdou allait demander de mettre beaucoup de rythme et
surtout de pression, notamment sur Flo Lepron. Une tactique payante puisque,
malgré les efforts de Cathy Melain, Bourges avait déjà perdu sa place en...
finale après deux minutes de jeu (2-5) sur deux pénétrations (plus faute de
Maltsi) de Wambe. Très agressives en défenses, adroites en attaques, plus
présentes au rebond, les Nordistes se détachaient de façon inquiétante: 6-12
puis 8-17 sur un panier primé de Sacko (6e) et enfin 12-25 (10e). Comme à
l’aller, les pénétrations nordistes se jouaient presque à tous coups de la
défense berruyère. Et comme les Tango n’avaient alors guère de solutions en
attaque, qu’elles prenaient peu de rebonds (6 en dix minutes) la note ne
pouvait qu’être salée. Inquiétante même.
Mais malin, à l’attaque du deuxième quart-temps, Pierre Vincent revint à une
formule qui lui réussit tant à Nevers lors du tournoi de la Fédération, qu’à
l’aller, alignant ensemble les deux grandes, Kireta et Ndongue.
L’apport des grandes
Dès lors, ce fut plus
difficile pour les Nordistes d’arriver au cercle. Bourges mit aussi la main
sur le rebond (12 contre 4 à Villeneuve dans le quart-temps) et forcément,
l’écart se combla peu à peu même si Villeneuve arriva à + 15 à la 12e (14-29).
Obligées de défendre dans des conditions plus difficiles, les Nordistes, pas
gâtées par les arbitres, accumulaient aussi les fautes (3 pour Dieme, Sacko,
Marcauskaite et Wambe au repos). À coups de lancers (11/13 dans le deuxième
quart pour Bourges contre... rien à Villeneuve), Bourges revint ainsi dans le
match : 32-37 au repos).
La suite fut un énorme combat. Riche de suspens et d’émotions. Pendant dix
minutes, les Berruyères bataillèrent comme des forcenées pour revenir à un
point à l’attaque de la dernière ligne droite (48-49 à la 30e) et ce, grâce à
un panier primé de Flo Lepron pile poil sur le buzzer. À cet instant Bourges
était en finale.
Suspens insoutenable
Mais Villeneuve ne baissait
pas les bras. Iveta Marcauskaite alignait deux paniers de suite et qualifiait
alors virtuellement son équipe : 52-55 (36e). Ça commençait à devenir
irrespirable...
Le Prado poussait et les Tango trouvaient des ressources insoupçonnées pour
aller prendre quelques rebonds précieux, pour provoquer les fautes adverses. À
27 secondes du buzzer, Villeneuve avait toujours un point d’avance (56 - 57) .
.. Mais Bourges était qualifié. Deux lancers de Maltsi (sur la 4e faute de
Wambe) permettaient aux Tango de passer devant : 58-57 à 8 secondes de la fin.
Au jeu du qui va provoquer la faute pour reprendre la possession de la balle,
Bourges se montra le plus sûr; Cathy Melain offrit un dernier point (59-57)
avant que Cathy Wambe ne gâche la dernière possession nordiste.
Ouf! Les Tango étaient passées de justesse. C’était bien l’essentiel.
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