CHAMPIONNAT DE FRANCE,
FINALE ALLER
- Bourges Basket - US Valenciennes Olympic, 55-64 : première défaite au Prado
de la saison
Elles ont été héroïques, mais en vain
CHRISTIAN RAGOT
A près
la gifle de Bercy, on était curieux de voir quelle allait être la réaction des Berruyères mais aussi des Valenciennoises.
Les Nordistes, Coupe de France dans la vitrine aux trophées, ne risquaient-elles pas de commettre un petit péché d’orgueil comme le redoutait Laurent Buffard ? Et nos Tango ? N’allaient-elles pas accuser le coup tant la domination valenciennoise à Bercy fut sans appel. Certes, Cathy Melain, en grande compétitrice avait rameuté les troupes dans nos colonnes.
"On a pris une bonne claque, on doit se relever" avait martelé cette championne au caractère en acier trempé. Et puis, il y avait ce challenge formidable de garder le chaudron du Prado inviolé cette saison… La question était de savoir si les Tango allaient avoir les moyens physiques de leurs ambitions. Car sur le plan du mental, on savait qu’elles ne lâcheraient rien, surtout devant leur public. Il y avait d’autant plus de raisons d’être inquiet qu’il n’était pas question de rentrée pour Céline Dumerc, la flamboyante capitaine et meneuse de jeu tango qui avait été la grande instigatrice de la victoire du Bourges basket lors du la finale du Tournoi de la Fédération à Nevers face à cette même USVO. Et Pierre Vincent avait également averti que la participation
de Vicky Hall à cette finale aller relèverait du miracle. Pire, mardi soir à l’entraînement, Evina Maltsi s’était fait à son tour une petite entorse mais avec les soins de Jérôme Baicry, l’espoir de voir l’internationale grecque disputer son dernier match au Prado sous le maillot tango (voir par ailleurs) était réel.
Bref ! Face à une USVO privée de Manu Hermouet (rupture des ligaments du genou), les Berruyères allaient tout mettre en oeuvre pour réussir l’impossible exploit.
Gruda commence fort
Flo Lepron avait l’honneur d’ouvrir la marque pour une équipe berruyère s’alignant dans la même configuration qu’à Bercy (Lepron, Melain, Maltsi, Miyem et Ndongue) mais la réplique valenciennoise s’organisait aussitôt autour de Sandrine Gruda qui, tout comme l’an dernier, venait d’être élue MVP du championnat par
Maxi-Basket
devant Céline Dumerc. En dessous, à mi-distance, Gruda marquait les huit premiers points valenciennois et VO menait déjà 4-8 puis 4-10 sur une belle inspiration de Gomis (4e).
Les Tango jouaient pourtant juste, la défense était bien en place mais elles avaient du mal à trouver le cercle en ce début de match. En les voyant ainsi rater quelques paniers semblant faciles, on se prit même à redouter qu’elles prennent un coup au moral. Judicieusement, Pierre Vincent commença ses premières rotations (Kireta pour Ndongue et Paul pour Lepron), histoire de donner un souffle nouveau et la blonde croate, d’entrée, prenait le meilleur dans la peinture (6-10). Puis Maltsi allumait à trois points (9-10) et voilà les Tango revenues dans le match (7e). Les joueuses de Buffard semblaient un court instant perturbées. Le jeu devenait de plus en plus heurté mais les Berruyères, fidèles à elles-mêmes, ne lâchaient rien. Au contraire, le duo Ndongue-Kireta avait mis la main sur le rebond. C’était suffisant pour que le Bourges Basket revienne à hauteur à la fin du premier : 14-14 (10e). C’était déjà beaucoup mieux qu’à Bercy où , au même moment du match, les Berruyères étaient menées, 8-18...
Bourges en tête au repos
Il n’en fallait pas davantage pour chauffer le public du Prado. Les deux équipes se rendaient coup pour coup. On vit même Emmeline Ndongue répliquer à Harrower à… trois points (17-17). Les Tango se trouvaient bien, avaient des solutions en attaque et étaient toujours aussi intraitables en défense. On était loin de Bercy.
Là, les filles avaient leurs repères. Et le public, leur public, pour leur donner une force supplémentaire. Bourges, qui n’avait pas mené depuis le panier initial de Lepron, repassait ainsi en tête, 19 - 17 , toujours grâce à Flo’sur un ballon volé. Maltsi à mi-distance, Miyem en layup et encore Maltsi en attaquant le cercle, faisaient un premier break, 28 - 21 (17e).
De quoi semer le doute dans les rangs nordistes. Témoin ces quatre possessions de balle sans trouver le cercle; le “mur” tango repoussant tout. Bourges était bel et bien en train de dominer ce deuxième quart-temps (21-16), grâce à une adresse retrouvée (9 sur 14 sur les dix minutes) et une belle présence au rebond (12 contre 6 à VO sur le quart). S’il n’y avait pas toutes ces pertes de balles (10) et la crainte de payer par la suite le manque de rotations, on aurait alors été totalement confiant. Quoiqu’il en soit, il y avait match. Et quelques raisons de croire à l’exploit au repos (35-30).
La puissance de VO
Malheureusement, les Tango allaient payer au prix fort leur manque d’adresse. Pensez que lors du troisième quart-temps, le bilan berruyer était tout simplement pitoyable : 2 sur 14 avec deux paniers seulement à la clé. Même Cathy Melain, pourtant toujours aussi ardente au combat malgré une fatigue bien légitime (elle est la joueuse berruyère qui a eu le plus de temps de jeu cette saison), semblait, avec 0 sur 10, complètement déboussolée. C’était d’autant plus rageant que les Tango faisaient leur maximum mais face à la zone valenciennoise, chaque shoot était difficile ; contesté. Sans être flamboyant, loin de là, VO repassait ainsi en tête à la 27e (41-43) sur une flèche de l’inévitable Sandrine Gruda. Dans la foulée, les Tango essuyaient un méchant 1-11 sur deux lancers d’Elodie Godin, Pas question de lâcher pour autant. À grands coups de courage, tout en lâchant le quart-temps (10-17), elles maintenaient l’espoir : 45-47 à la 30e minute.
On notait encore des égalités à 49, à 51, à 53 et même à 55 à la 36e minute. Le Prado était chaud bouillant mais les filles semblaient usées, rincées. La puissance physique, la fraîcheur supérieure des Nordistes, avaient fait leur oeuvre. Sandrine Gruda, décidément au-dessus du lot, alignait trois paniers consécutifs… renvoyant les Tango dans les cordes : 55-61. VO remportait le dernier quart, 10-17 et cette finale aller, 55-64. Les Tango étaient passées tout près de l’impossible exploit. Il leur a manqué dix minutes dans les jambes (mais certainement pas dans le coeur) ou peut être plus simplement, une rotation supplémentaire. Celle de Céline Dumerc par exemple. Ses jambes de feu, son apport dans le jeu rapide, le tempo qu’elle sait donner au jeu, sa façon aussi d’aller chercher des paniers impossibles auraient sans doute mis à mal cet USVO loin d’être impressionnante. Mais à quoi bon les regrets… Demain, au Hainaut, il faudra encore jouer le coup à fond. Et qui sait ?
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