Basket,
Pierre
Fosset - Le président du Bourges Basket satisfait de la saison 2006-2007
"Franchement, ce groupe m’a étonné"
CHRISTIAN RAGOT
S i, en
début de saison, on leur avait dit que le Bourges Basket disputerait les trois finales hexagonales, conserverait un de ses titres et se qualifierait pour le Final Four européen, beaucoup, y compris parmi les plus chauds supporters et les plus fidèles partenaires, auraient signé des deux mains. Il est vrai qu’avec une équipe reconstruite à 80 %, le bilan 2006-2007 est satisfaisant. Il aurait même pu être mieux sans une cascade de blessures qui ont pourri la fin de saison ; mais avec des si… Du spectacle au Prado, un public conquis et toujours plus nombreux, des finances saines et un recrutement bouclé pour 2007-2008, le président Pierre Fosset peut donc partir en vacances l’esprit tranquille. Rencontre.
Président, un petit retour sur le titre abandonné vendredi sur le parquet du Hainaut ?
Comme lors du match aller au Prado, nous avons payé au prix fort notre manque d’adresse. Nos shooteuses, Evina Maltis (2 sur 11 aux tirs, NDLR) et Vicky Hall (1 sur 5) ont trop peu marqué (respectivement 7 et 2 points, NDLR). À leur décharge, elles relevaient de blessure. Nous avons aussi été faibles aux lancers (11 sur 19). Par rapport à VO, on a manqué de rotations. Avec Céline, je suis persuadé qu’on aurait au moins gardé le titre de champion de France. La Coupe, c’est différent. Ça se joue sur un match et tout peut arriver. Flo Lepron a fait deux bons matches sur cette finale mais Caps, c’est la patronne ; elle est la dépositaire du jeu. Pour battre VO qui, à la régulière, nous est déjà supérieur en taille et en puissance, il aurait fallu être au complet…
"Satisfactions mais aussi une grosse frustration"
Des satisfactions quand même dans cette finale ?
Oui
! Endy Miyem par exemple. C’est une gamine qui jouait encore en NF1 la saison dernière. En l’espace de quelques mois, elle a fait, avec Pierre Vincent, des progrès énormes. Elle a du culot, elle supporte la pression. Vendredi, elle m’a franchement étonné. Mercredi, au Prado, comme à Bercy, c’est Carine Paul qui s’était mise en évidence. L’avenir s’annonce plutôt bien pour ces deux-là. D’autant qu’elles vont encore progresser. C’est la preuve aussi qu’à Bourges, on fait confiance aux jeunes et qu’elles peuvent faire leur place.
Des satisfactions donc mais aussi des regrets ?
Forcément et notamment celui de ne pas avoir pu lutter à armes égales avec Valenciennes. Autant que des regrets, c’est surtout une énorme frustration qui subsiste. Celle d’avoir dû laisser échapper deux de nos titres dans ces conditions. Deux titres qui étaient à notre portée. Les blessures sont arrivées au mauvais moment. Toute la saison durant, on n’a d’ailleurs pas été épargné par les blessures. Il y a eu Maltsi, puis Kireta, Ndongue, Dumerc, Hall… On a pu, le plus souvent, compenser en tirant sur les organismes mais au moment des matches décisifs de fin de saison, ça n’était plus possible. Le groupe était fatigué ; il a manqué de fraîcheur. Et face à une équipe valenciennnoise plus en rythme, qui avait pu récupérer pendant que nousétions au Final Four de Moscou où nous avons laissé beaucoup d’énergie, ça n’a pas pardonné. Maintenant, à l’heure du bilan, il faut voir d’où on vient. En début de saison, je me souviens que beaucoup nous voyaient à la ramasse. D’autant que l’équipe de la saison dernière avait atteint sa plénitude avec des joueuses de grand talent. Mais le groupe de cette année m’a étonné, notamment par sa combativité. Toutes les joueuses étaient prêtes à mourir sur le terrain pour gagner. Ça fait longtemps que je n’avais pas vu ça à Bourges. C’est aussi ce qui a conquis le public du Prado et nos partenaires tout au long de la saison. Si nous avons augmenté nos recettes marketing et notre moyenne de spectateurs, c’est parce que l’équipe a su, à force de travail et d’enthousiasme, gagner leur confiance. Mercredi, pour le dernier match au Prado, malgré la défaite, la seule de la saison à domicile, le public a quand même réservé une standing ovation à l’équipe et au coach. Il ne leur a pas tenu rigueur de la défaite ni des erreurs qui ont pu être commises durant le match. Il a vu et compris que les filles, bien qu’au bout du rouleau, ont tout donné. C’est la preuve qu’il s’est passé quelque chose de fort cette saison…
Les finances sont saines. Vous allez donc pouvoir offrir à votre coach - mais aussi au staff médical - la dixième joueuse qu’ils réclament chaque saison ?
On
devrait pouvoir le faire… Mais il n’est pas question de faire des folies financières. D’ailleurs, nous n’en avons pas les moyens. Deux joueuses vont partir et elles vont être remplacées poste pour poste. Et nous avons contacté deux jeunes de l’INSEP, des intérieures. Elles ont été sollicitées par d’autres clubs et le choix final leur appartient. Nous en prendrons une des deux. Avec l’espoir que la pioche sera aussi bonne qu’avec Endy Miyem ou Carine Paul la saison dernière. La balle est dans leur camp. Dix joueuses, c’est la garantie de rotations supplémentaires et d’un meilleur travail à l’entraînement pour le coach. Et pour le staff médical, la possibilité de moins tirer sur les organismes et d’éviter ainsi les blessures de fin de saison comme on l’a vécu cette année…
On a déjà la certitude que le Bourges Basket aura une très bonne équipe la saison prochaine. Quels seront vos objectifs ?
Forcément élevés. La reconquête du titre de champion de France. Celle de la Coupe de France aussi qui offrira, et c’est nouveau, une place en Euroligue et conserver le trophée du Tournoi de la Fédération. Disputer au moins les quarts de finale en Euroligue et si on peut retourner au Final Four, on ne va pas se gêner…
|